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Mythologie
 
 

 

 

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Les croisades (1095 - 1270) et la colonisation franque en Orient


CHAPITRE DEUXIÈME : La colonisation franque en Orient


II : Le royaume de Jérusalem (1099 - 1187)

            

            Le royaume latin de Jérusalem fut le troisième État croisé à avoir été crée, en juillet 1099, après le comté d’Édesse et la principauté d’Antioche.

Le royaume de Jérusalem et les autres États de Terre Sainte.

 

Son créateur, Godefroi de Bouillon, refusa le titre de roi pour celui d’avoué du Saint Sépulcre. A sa mort, son frère, Baudouin de Boulogne, vint d’Édesse pour prendre la couronne de Jérusalem.

Enseigne de pèlerinage à l'effigie de la croix de Jérusalem, XV° siècle, musée de Cluny, Paris.

 

            1° Evolution territoriale et politique de Jérusalem (1099 – 1187) – Godefroi, à la tête de son nouvel Etat, se rendit compte bien vite qu’il n’était guère fort. Les contingents des principautés d’Edesse, de Tripoli et d’Antioche étaient peu considérables et difficiles à réunir, vu la distance. Quant aux troupes fournies par ses vassaux directs, elles s’élevaient à quelques milliers de fantassins et une centaine de cavaliers.

Godefroi dut donc s’attacher à gagner les indigènes à sa cause. Il leur assura le libre exercice de leur culte, protégea leur commerce avec Jérusalem et Jaffa, qui devinrent des marchés européens. En outre, il trouva une aide précieuse dans les ordres religieux militaires, Templiers et Hospitaliers[1].

Mais ce fut surtout sous Baudouin I° que le royaume de Jérusalem commença à se former véritablement : il s’empara du littoral, prenant Beyrouth et Sidon, puis affronta la contre croisade des sultans seldjoukides.    

Templier poursuivant un Sarasin, copie d'une peinture de la chapelle des Templiers à Cressac, XII° siècle, Cité de l'architecture, Paris. 

Baudouin II (qui régna de 1118 à 1131.), venu d’Edesse à la mort de son prédécesseur, défendit ces acquis, et les consolida. Il tenta aussi de prendre Damas, au sud, et Alep, au nord, mais sans succès.

 

            La menace musulmane revint cependant en 1131, à la mort de Baudouin II. Ce fut son gendre, Foulques d’Anjou, qui monta sur le trône et lutta contre les émirs turcs, de la dynastie des Zengides (ces derniers unifièrent à cette époque la Syrie musulmane.).

Le mariage de Foulques d'Anjou et de Mélisende, par Guillaume de Tyr, enluminure issue de l'ouvrage Historia, Bruges, Belgique, XV° siècle.

En 1137, ce dernier dut accepter la suzeraineté de la dynastie des Comnènes, qui revendiquaient les anciens territoires byzantins. Cette alliance, entre Grecs, Francs et Arméniens de Cilicie, permit de lutter plus efficacement contre les musulmans.

A la mort de Foulques, la régence fut assurée par la reine Mélisende, qui assura l’ordre à l’intérieur, mais ne sut faire face aux menaces extérieures : en 1144, l’Atâbeg Zengi, fondateur de la dynastie des Zengides, parvint à prendre Edesse. Puis, comme nous l’avons déjà vu, il s’empara de la moitié est de la principauté d’Antioche.

Les deux fils de Mélisende, Baudouin III et Amaury I°, poursuivirent l’alliance entre Grecs, Francs et Arméniens, obtenant quelques résultats positifs. Amaury, voyant que les Zengides étaient trop puissants, décida de lutter contre les califes fatimides du Caire (afin d’établir un protectorat en Egypte.). C’est alors que ces derniers appelèrent à la rescousse un lieutenant de Nour ed Dîn (le fils de Zengi.), nommé Saladin (de son vrai nom Salâh al Dîn.).

Le royaume de Jérusalem, doté d’une monarchie forte et d’institutions solides, connut une période faste jusqu’à cette époque.

Vue de Jérusalem, prise de la vallée de Josaphat, par Auguste DE FORBIN, 1831, musée du Louvre, Paris.

 

            Le déclin du royaume de Jérusalem commença en 1174, quand le fils d’Amaury, Baudouin IV, un lépreux, monta sur le trône. Avant de mourir, il donna sa sœur Sybille en mariage à Gui de Lusignan. Ce dernier se fit couronner roi à la mort de son beau-père, en 1186. Sybille et son mari devaient exercer la régence jusqu’à ce que le jeune Baudouin V, le fils du roi lépreux, soit déclaré majeur (mais ce dernier mourut peu de temps après son père.). Cependant, jeune et sans expérience, Gui de Lusignan n’était pas le roi dont Jérusalem avait besoin à cette époque.

Entraîné par la faction belliciste de la ville, il décida donc de lutter contre Saladin (ce dernier avait réussi à s’emparer de l’Égypte, puis de la Syrie , à la mort de Nour ed Dîn.). Le 3 juillet 1187, près du lac de Tibériade, sur la colline de Hattîn, l’armée de Jérusalem fut écrasée par celle de Saladin (ce dernier s’empara du roi et de la vrai croix.).

Ce dernier, après avoir emporté les places du littoral, s’empara de Jérusalem le 2 octobre 1187[2].

 

            2° Les institutions du royaume – La monarchie, à Jérusalem, était héréditaire. En outre, les femmes pouvaient hériter, afin d’éviter les troubles successoraux.

Le roi ne concentrait pas tous les pouvoirs entre ses mains : les finances du royaume étaient régies par le maître de la secrète ; l’armée était contrôlée par le sénéchal ; le roi était surveillé dans son gouvernement par la cour des barons (à partir de 1185, le roi eut moins de pouvoirs que cette dernière.).

Comme les souverains de Jérusalem manquaient d’hommes, ils décidèrent d’édifier des réseaux de forteresses, confiées aux ordres religieux militaires, comme les templiers et les hospitaliers. Ces derniers complétèrent les contingents de l’armée de Jérusalem. Cette dernière fut aussi complétée par les indigènes, qui étaient recrutés dans l’infanterie (pauvres, ils n’avaient pas les moyens de se payer et d’entretenir une monture.).

Les indigènes ne furent cependant pas intégrés au gouvernement de la ville, comme à Edesse. Ces derniers avaient leurs propres lois, et n’entraient en contact avec les Francs que par l’intermédiaire des raïs (qui pouvaient être des notables ou des chefs de villages.).

 

            3° Établissement des Francs en Terre Sainte – L’on estime qu’un demi million de latins vinrent vivre en Syrie franque, à cette époque. Baudouin I fut le premier à lancer le processus de colonisation de la Terre Sainte, attribuant des terres à ses vassaux (en échange de services.) et à des établissements religieux.

A cette époque, la majorité des habitants de Syrie étaient des chrétiens (généralement des syriaques melkites, donc orthodoxes.). Ces derniers étaient très nombreux surtout en Galilée et en Samarie. De nombreuses communautés mixtes, mélangeant Syriaques et Francs, furent créées, en particulier à Acre et à Tibériade.

A cette époque, L’Église s’était installée en Terre Sainte[3]. L’Église régulière était représentée par les cisterciens (qui découvrirent en Orient de nouvelles techniques d’irrigation.) et les ordres religieux militaires ; l’Église séculière, quant à elle, tentait de répandre le système du castrum (qui était une forteresse renfermant une église.).

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[1] Nous reviendrons plus tard sur le royaume de Jérusalem.

[2] Pour plus de renseignements sur la prise de la ville de Jérusalem, voir le 1, section III, chapitre premier, les croisades et la colonisation franque en Orient.

[3] Les moines font partie de l’Eglise régulière, les prêtres et les chanoines font partie de l’Église séculière.

  

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